Congé décès : combien de jours et quelles démarches auprès de son entreprise ?
Résumé : Tout salarié a droit à un congé rémunéré en cas de décès d’un proche, sans condition d’ancienneté. La durée dépend du lien de parenté et va de 3 jours (conjoint, parent, frère/sœur) à 14 jours (enfant), avec parfois des jours supplémentaires prévus par la convention collective. Ce congé, distinct des congés payés, doit être accordé par l’employeur sans qu’il puisse le refuser.
- Deuil et obsèques
Ce que prévoit la loi
L’article L3142-4 du Code du travail fixe des durées minimales de congé rémunéré en cas de décès d’un proche. Ces durées s’appliquent à tous les salariés du secteur privé, sans condition d’ancienneté, et le salaire est intégralement maintenu pendant cette période.
| Lien de parenté avec le défunt | Durée minimale légale |
|---|---|
| Conjoint, partenaire de PACS, concubin | 3 jours ouvrables |
| Père, mère | 3 jours ouvrables |
| Beau-père, belle-mère | 3 jours ouvrables |
| Frère, sœur | 3 jours ouvrables |
| Enfant | 12 jours ouvrables (14 dans certains cas) |
Pour les liens plus éloignés (grands-parents, petits-enfants, beau-frère, belle-sœur), le Code du travail ne prévoit pas de durée minimale légale : seule votre convention collective peut, le cas échéant, accorder des jours dans ce cas. Il est donc utile de la consulter directement.
Le cas particulier du décès d'un enfant
Depuis la loi n°2023-622 du 19 juillet 2023, le congé pour décès d’un enfant a été significativement renforcé. Il est porté à :
- 12 jours ouvrables dans le cas général,
- 14 jours ouvrables si l’enfant avait moins de 25 ans, était lui-même parent, ou s’il s’agissait d’une personne à charge effective et permanente de moins de 25 ans.
À ce congé décès s’ajoute un congé de deuil distinct de 8 jours, fractionnable, à prendre dans l’année qui suit le décès. Les deux congés se cumulent : un parent peut ainsi bénéficier jusqu’à 22 jours au total, répartis selon ses besoins plutôt que consécutivement.
Ce que votre convention collective peut changer
Ces durées légales sont des minimums. De nombreuses conventions collectives prévoient des durées plus favorables : par exemple 5 jours pour le décès d’un conjoint dans certains secteurs, au lieu des 3 jours légaux. En cas de désaccord entre le Code du travail et votre convention collective, c’est toujours la disposition la plus favorable au salarié qui s’applique. Le plus simple reste de vérifier directement les termes de votre convention collective ou de vous rapprocher de votre service RH.
(À noter : une proposition de loi visant à porter ce congé à 7 jours consécutifs pour plusieurs liens de parenté a été déposée fin 2025 à l’Assemblée nationale. Elle n’est, à ce jour, pas encore adoptée. Il convient donc de se référer aux durées légales en vigueur.)
Comment faire la demande auprès de son employeur
La démarche reste simple dans la majorité des cas :
- Informer l’employeur dès que possible, par tout moyen (oral, e-mail, courrier).
- Fournir un justificatif si demandé — généralement un acte de décès ou un extrait d’acte de décès. L’employeur peut le demander, mais ne peut pas refuser ou reporter l’absence en attendant ce document.
- Choisir les jours dans un délai raisonnable autour de l’événement, en général avant et/ou après les obsèques, selon les besoins.
L’employeur ne peut ni refuser ce congé, ni exiger qu’il soit posé sur les congés payés annuels : il s’agit d’un droit distinct. En cas de litige, l’inspection du travail ou le conseil de prud’hommes peuvent être saisis.
Ce congé n'est pas la même chose que...
Il est utile de distinguer plusieurs notions souvent confondues :
- Congé décès : jours d’absence rémunérés accordés immédiatement après un décès, selon le lien de parenté (voir tableau ci-dessus).
- Congé de deuil : spécifique au décès d’un enfant, 8 jours supplémentaires fractionnables, à prendre dans l’année.
- Congés payés annuels : totalement distincts, non affectés par le congé décès.
- Arrêt maladie : si le besoin de repos dépasse la durée du congé décès (épuisement, choc psychologique), un médecin peut prescrire un arrêt de travail classique, indépendant du congé décès.
FAQ
Le congé décès est-il payé ?
Oui, intégralement — le salaire est maintenu pendant toute la durée du congé, qu’il s’agisse du minimum légal ou d’une durée plus favorable prévue par la convention collective.
Faut-il une ancienneté minimale pour en bénéficier ?
Non, ce droit s’applique à tous les salariés dès leur premier jour de contrat, y compris en CDD ou en apprentissage.
Un stagiaire a-t-il droit au congé décès ?
Non : un stagiaire n’étant pas salarié au sens du Code du travail, ce droit ne s’applique pas à lui.
Peut-on prendre ces jours plus tard, après les obsèques ?
Oui, dans la limite d’un délai raisonnable autour de l’événement — la loi ne fixe pas de date précise, mais les jours doivent rester liés à l’événement.
Que faire si l'employeur refuse d'accorder ce congé ?
C’est un droit légal que l’employeur ne peut pas refuser. En cas de blocage, l’inspection du travail peut être contactée, et le conseil de prud’hommes saisi si nécessaire.
Sources utiles
- Service-public.gouv.fr — Congé pour le décès d’un membre de la famille
- Légifrance — Article L3142-4 du Code du travail
- Légifrance — Loi n°2023-622 du 19 juillet 2023
Cet article a un but informatif ; en cas de doute sur une situation précise, il est recommandé de consulter votre convention collective ou un professionnel du droit du travail.