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Quels sont les rites funéraires au Japon ?

Les rites funéraires au Japon sont principalement bouddhistes (90% des cas). Les funérailles japonaises se divisent en quatre catégories : bouddhiste, shintoïste, chrétienne et civile, avec 90,1% de cérémonies bouddhistes. Les étapes clés incluent : veillée funèbre, crémation, et placement des cendres dans la tombe familiale après 49 jours. 99% des Japonais ont choisi la crémation.

Quels sont les rites funéraires au Japon ?
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Origines et fondements religieux

Bouddhisme et Shintoïsme

Les pratiques funéraires sont empreintes des croyances religieuses dominantes au Japon : le bouddhisme et le shintoïsme. Les Japonais célèbrent Noël, se marient à l’église, vont au sanctuaire shintô pour le premier jour de l’année et organisent les obsèques selon l’enseignement des rites bouddhistes.

Le "bouddhisme de funérailles"

Dans la tradition bouddhiste, le deuil s’effectue à travers la récitation de sutras par un moine. Aujourd’hui, la plupart du travail des moines bouddhistes japonais étant l’organisation d’obsèques, on aime parler de « bouddhisme de funérailles ». Plutôt qu’une réelle foi, c’est une tradition locale ou familiale ; une façon de commémorer les ancêtres.

Les quatre étapes des rites funéraires

Étape 1 : Préparation du corps (Après la mort)

Après la mort, les proches procèdent au matsugo no mizu (« l’eau du dernier moment ») : ils humidifient les lèvres du mort dans le but que celui-ci renaisse (réincarnation). Puis, ils disposent à côté du défunt une table sur laquelle sont placées des fleurs, de l’encens et une bougie (respectivement de la gauche vers la droite) : makura-kazari (« décoration de l’oreiller »).

Préparation du corps :

  • ✓ Toilette du corps
  • ✓ Habillage du shinishōzoku (habit blanc pour le voyage vers l’éternité)
  • ✓ Soins de thanatopraxie si nécessaire
  • ✓ Placement d’un juzu (chapelet bouddhiste de 108 perles) entre les mains

Un juzu (chapelet bouddhiste composé de 108 perles représentant les 108 karmas) est placé entre les mains du défunt : ainsi l’âme du mort va devoir renoncer aux désirs humains afin d’atteindre la vertu.

 

Étape 2 : Veillée funèbre (O-tsuya)

Ces deux rituels se déroulent durant la veillée funèbre (tsuya, ou o-tsuya avec une marque de respect) où les proches du défunt se réunissent et « consolent » ce dernier car il est « peu enclin à partir ».

Déroulement de la veillée :

  • Les proches se rassemblent autour du défunt
  • Un moine bouddhiste récite des sutras
  • Les participants offrent de l’encens (shōkō)
  • Partage de souvenirs et histoires du défunt

Le rituel d’offrande d’encens, appelé shōkō, est exécuté une à trois fois selon les écoles bouddhiques.En partant, les personnes ayant participé à l’o-tsuya s’aspergent de sel purificateur (kiyome-shio) avant de rentrer chez eux, pour conjurer le mauvais sort.

Étape 3 : Cérémonie officielle et crémation

Le lendemain a lieu la cérémonie officielle et publique, toujours selon un rituel bouddhique, au terme de laquelle des fleurs sont déposées dans le cercueil, ouvert une dernière fois. S’ensuit la crémation, généralement dans un autre lieu.


Après la crémation, les participants, en rang deux par deux, entreposent un à un les os et les cendres du défunt à l’aide des baguettes dans une urne prévue à cet effet. On ne trouve ce rituel qu’au Japon.

Étape 4 : Placement des cendres (49 jours)

La plupart des familles ramènent l’urne contenant les cendres du défunt chez eux et la posent sur le butsudan (petite armoire contenant un autel bouddhiste). Les cendres sont déposées dans la tombe après 49 jours. Les restes des os et les cendres du défunt sont réduits en poudre et déposés sur un autel de la maison familiale durant 49 jours. C’est le temps nécessaire dont le prêtre bouddhiste a besoin pour guider l’esprit du défunt vers l’au-delà.

Tableau : Étapes complètes des rites funéraires

Étape

Nom japonais

Description

Préparation du corps

Matsugo no mizu

Humidification des lèvres, toilette, habillage et mise en place rituelle

Veillée funèbre

O-tsuya

Réunion des proches, récitation de sutras, offrande d’encens

Cérémonie + crémation

Sōshiki + Kaso

Cérémonie officielle puis incinération du corps

Collecte des cendres

Kotsuage

Dépôt des os dans l’urne avec des baguettes

Période des 49 jours

Shijūkunichi

Temps de transition de l’âme vers l’au-delà

Placement dans la tombe

Haka

Dépôt de l’urne dans le caveau familial

👉 À retenir : le rituel japonais est très structuré et s’inscrit dans un cycle spirituel précis.

Vêtements et tenue

Tenue du défunt

Le corps est lavé, puis habillé avec le shinishōzoku dont la traduction serait : un « habit pour le voyage vers l’éternité ». Il s’agit d’un kimono blanc pour les femmes ; dans ce cas-ci, il est croisé vers la droite, et non vers la gauche comme c’est le cas chez une personne vivante ; pour les hommes, un costume ou également un kimono blanc.

Tenue des participants

La tenue traditionnelle lors de la veillée funèbre est entièrement blanche. Depuis l’ouverture du Japon sur le monde occidental, la tendance est à la couleur noire.Les habits de couleur noire sont de rigueur pour les obsèques.

Offrandes et rituels

Offrande monétaire (Kôden)

Il faut également venir muni d’un kôden : une offrande monétaire dans une enveloppe que l’on remet à l’accueil de la salle funéraire. Le montant varie en fonction des relations que l’on a avec le défunt et sa famille, son âge et sa position sociale. Il se situe d’habitude entre 5 000 et 10 000 yens.

Offrande d'encens (Shōkō)

Les participants prennent de la poudre d’encens (zukō) dans leurs mains, les lèvent à hauteur des yeux, referment les doigts et prient. Ils laissent ensuite tomber l’encens dans le brûleur. Ce rituel, appelé shōkō, est exécuté une à trois fois selon les écoles bouddhiques.

Objets placés avec le défunt

Les proches du défunt placent entre ses mains un chapelet bouddhiste de 108 perles et un petit sac de pièces d’argent. Les pièces lui permettront de payer la traversée du Sanzu-no-kawa, le fleuve de la mort, tandis que le chapelet aidera son âme à se détacher des désirs humains.

 

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La crémation au Japon

Pourquoi la crémation ?

La crémation est très répandue au Japon non seulement parce qu’il s’agit d’une pratique religieuse et que pour un Japonais, c’est une honte d’enterrer un corps et donc de lui imposer la souillure de la putréfaction, mais aussi parce que, par décret, les Japonais doivent incinérer tous leurs morts. De plus, l’exiguïté des terres impose cette mesure.

Statistiques

D’après un rapport du ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales, 99% des Japonais ont choisi la crémation.

Processus unique au Japon

Après la crémation, les participants, en rang deux par deux, entreposent un à un les os et les cendres du défunt à l’aide des baguettes dans une urne prévue à cet effet. On ne trouve ce rituel qu’au Japon.

La tombe familiale (Haka)

Structure et composition

Cette tombe se nomme haka. Elle est constituée d’un monument en pierre au pied duquel se trouve un bac pour disposer des fleurs (et de l’eau) ainsi que de l’encens. Tout ceci surplombe une crypte où sont entreposées les urnes funéraires de la même famille.

Placement des cendres

Une fois la période des 49 jours écoulée, l’urne est portée au caveau familial où plusieurs membres de la famille reposent.

Coûts des obsèques au Japon

Budget moyen

Le coût moyen d’une cérémonie funèbre s’élève à 2 millions de yens (environ 16 800 euros). En 2020, le coût moyen est d’1,8 million de yens (environ 15 000 euros), mais il tombe à 1,1 million de yens (8 000 euros) en 2022 avec la pandémie de Covid-19 et l’augmentation du nombre de cérémonies funéraires de petite envergure.

Comparaison internationale

À titre comparatif, en France, le coût moyen des obsèques est évalué aux alentours de 4 000 euros.

Tableau comparatif : Types de funérailles au Japon

Type de cérémonie

Part estimée

Religion associée

Caractéristiques principales

Bouddhiste

90,1 %

Bouddhisme

Sutras, crémation, rites des 49 jours

Shintoïste

~3 %

Shintoïsme

Purification, moins centrée sur la mort

Chrétienne

~1-2 %

Christianisme

Messe, chants, enterrement ou crémation

Civile

~5 %

Aucune

Cérémonie laïque, personnalisée

👉 Insight intéressant : même les Japonais non pratiquants choisissent souvent des rites bouddhistes par tradition familiale.

Cérémonies commémoratives après les 49 jours

Période de deuil prolongée

Le bouddhisme prescrit une série de cérémonies commémoratives après la mort. La forme de ces cérémonies est la suivante : un prêtre chantant des sûtras, des prières et de l’encens, elle est semblable à celle des funérailles, bien que beaucoup moins formelle. Elles se déroulent généralement au domicile de la famille proche.

Calendrier des cérémonies

La tradition bouddhiste stricte prévoit des cérémonies tous les sept jours après le décès, puis tous les sept jours jusqu’au quarante-neuvième jour. Souvent, lorsque les proches n’ont pas les moyens de se déplacer ou de prendre sur leur temps de travail, une ou deux cérémonies seulement ont lieu avant le quarante-neuvième jour.

Conseils pour assister à des funérailles au Japon

Tenue appropriée

Couleur noire – Costume ou tailleur noir

Sobriété – Pas de bijoux ostentatoires

Respect – Pas d’imprimés figurant des animaux

Discrétion – Pas de fourrure

Comportement

✓ Offrez un kôden (enveloppe avec argent)

✓ Participez à l’offrande d’encens

✓ Écoutez respectueusement les sutras

✓ Partagez vos souvenirs du défunt

✓ Acceptez le sel purificateur en partant

À éviter

✗ Ne pas refuser le kôden sans raison valable

✗ Ne pas parler trop fort ou rire

✗ Ne pas toucher le défunt sans permission

✗ Ne pas porter de couleurs vives

Lien avec les plaques funéraires

Au Japon, les tombes familiales (haka) sont des monuments importants où reposent les urnes de plusieurs générations. Une plaque funéraire personnalisée en verre peut servir de complément élégant et durable pour honorer le défunt. Chez Vitro Souvenir, nous proposons des plaques funéraires en verre avec designs épurés, parfaits pour respecter l’esthétique japonaise de sobriété et d’élégance.

À retenir : Quels sont les rites funéraires au Japon ?

Les rites funéraires au Japon reflètent une culture profondément ancrée dans le respect des ancêtres, la spiritualité et la transmission familiale. Bien que fortement influencées par le bouddhisme, ces traditions sont aujourd’hui autant culturelles que religieuses.

De la veillée funèbre (o-tsuya) à la cérémonie des 49 jours, chaque étape possède une signification précise visant à accompagner l’âme du défunt vers l’au-delà tout en aidant les proches à faire leur deuil.

La crémation, quasi systématique au Japon, illustre également l’adaptation des traditions aux contraintes modernes, notamment le manque d’espace. Malgré cela, le lien avec la famille reste central à travers la tombe familiale (haka), véritable lieu de mémoire intergénérationnel.

👉 À retenir :
Les funérailles japonaises ne sont pas seulement un adieu, mais un passage spirituel structuré et un hommage collectif à la lignée familiale.

FAQ :

Pourquoi les Japonais pratiquent-ils la crémation ?

La crémation est pratiquée au Japon pour des raisons religieuses (le feu purifie), culturelles (c’est considéré comme une honte d’enterrer un corps) et pratiques (manque d’espace).

 

Que signifient les 49 jours après la crémation ?

Les 49 jours représentent le temps nécessaire pour que le moine bouddhiste guide l’esprit du défunt vers l’au-delà et la réincarnation.

Un butsudan est une petite armoire contenant un autel bouddhiste, où les familles placent l’urne du défunt pendant 49 jours avant l’inhumation.

 Le coût moyen est d’environ 1,1 à 1,8 million de yens (8 000 à 15 000 euros), ce qui est significativement plus élevé qu’en France.

Oui, les funérailles au Japon sont ouvertes à tous. Si vous avez des objections religieuses, vous pouvez le signaler à l’avance.

 

Un kôden est une offrande monétaire dans une enveloppe que les participants remettent à la famille du défunt pour contribuer aux frais des obsèques.

 

C’est un rituel unique au Japon qui symbolise le respect et la dignité envers le défunt. Les baguettes évitent le contact direct avec les cendres.

La veillée (o-tsuya) dure généralement toute la nuit, du soir jusqu’à l’aube du jour suivant.

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